jueves, mayo 31, 2012

Héritage Afroboricua dans Las Negras de Yolanda Arroyo Pizarro

Héritage Afroboricua dans Las Negras de Yolanda Arroyo Pizarro


Mots de la Dre. Carmen Centeno
Las negras nous transporte dans le monde de l'esclavage fécond selon certains théoriciens de la modernité. [...] Yolanda Arroyo Pizarro, son auteure, nous plonge dans la violence que les codes de l'époque validaient par le biais d'un droit patriarcal. Son écriture, totalement défiante, s'écoule entre les interstices plus intimes de la sexualité pour présenter les corps dévalués et torturés. Ici le sexe et la torture vont ensemble. Le juste et l'injuste sont justifiés en fonction du pouvoir économique qui exploite les sujets féminins comme des sources de leurs nouveaux revenus et de plaisir. Le droit est codifié en fonction du pouvoir qui s'exerce sur les autres, non seulement comme travailleuses, mais aussi comme reproductrices.
 
Certains détails du texte nous rappellent Alejandro Tapia qui consigna dans Mis memorias l'atrocité de l'institution esclavagiste, surtout avec son exemple des coups de fouets donnés à la femme enceinte, ce qui nécessitait que l'on creuse un trou dans la terre dans lequel on déposerait son ventre pour pouvoir la punir. Les scènes d'Arroyo Pizarro sont également crues et elle partage ses sources d'information dans le texte.

Le capitaine du nef ligote les jambes de la femme qui avait tenté de s'échapper sur la rive durant le trajet des canoés. Elle respire peu. Ses oreilles et ses orifices nasales ensanglantées ne lui permettent pas de crier. Elle se tord, lutte, mais elle le fait par des pleurs silencieux alors qu'on la soulève dans les airs, en partant du sol, par les pieds. Tête en bas et ligotée également par les mains, plusieurs hommes collaborent pour la jetter dans la mer. (p. 57)

La scène change. Ici, une autre femme est jetée dans la mer. Wanwe pense qu'elle va se noyer, mais sa fin est toute autre. Lorsqu'ils décident de soulever son corps, elle a déjà été découpée à moitié par les requins. C'est un acte d'une cruauté excessive servant à terroriser psychologiquement les femmes.
Face à la violence à laquelle sont soumises les noires, la confession de l'esclave Ndizi avant d'être soumise à la potence ne s'avère pas surprenante, mais est plutôt le fruit du désespoirt un acte de résistance qui nous amène à questionner le juste et l'injuste face à ses paroles sur la mort des enfants :

Je les noie dans le seau servant à receuillir les placentas, petit père. J'appuie leurs petites gorges avec mes doigts et je les fais suffoquer. Ou je les axphyxie avec leurs cordons ombilicaux, je manoeuvre même avant qu'ils ne sortent du ventre. (p. 93)

L'autoritarisme, la gouvernance et l'(in)juste sont intimement liés dans ces oeuvres, puisque l'autoritarisme abolit la gouvernance, efface les possibilités de la réglementation du juste qui part d'une éthique des droits humains. Les auteurs portorricains ont utilisé leurs mots pour contribuer à l'élaboration d'une praxis qui refuse le totalitarisme et qui montre ses effets sur les vies humaines, particulièrement dans cette île caribéenne dont l'état sent la charogne et la corruption. La terreur présentée nous rappelle les descriptions de la torture par Eduardo Galeano. Ce sont toujours les mêmes, hier et aujourd'hui. La même que dans un stade du Chili sous Pinochet, que dans les zones où durant la Guerre Civile Espagnole moururent assassinés un grand nombre de valeureux libéraux, comiques, homosexuels, et de femmes. La mort est la même que lors de la ''matanza del 37'' (tuerie de 1937) en République Dominicaine que lors des événements de Cerro Maravilla à Porto Rico.

[On] a choisi de remplir le vide de la mémoire perdue dont nous parla Arcadio Díaz Quiñones, d'enregistrer par le biais de l'écriture l'autoritarisme vécu autant que les résistances quotidiennes; d'exploiter un autre horizon à travers la dénonciation et l'invention d'une autre historiographie, qui nous libère d'un état aseptique, autocrate et exclusif , qui rompt avec l'effacement de l'histoire et les pièges de l'oubli. Les relations de pouvoir se sont affrontés dans ce sens, non pas comme des phénomènes passifs, mais comme un champ entier de réponses comme l'a proposé le grand français [...] Michel Foucault: Une relation de violence agit sur un corps, sur des choses: elle force, elle plie, elle brise.
 
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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"Odio los fluidos que se me salen del cuerpo cada veintiséis días." Yolanda Arroyo Pizarro (Guaynabo, 1970). Es novelista, cuentista y ensayista puertorriqueña. Fue elegida una de las escritoras latinoamericanas más importantes menores de 39 años del Bogotá39 convocado por la UNESCO, el Hay Festival y la Secretaría de Cultura de Bogotá por motivo de celebrar a Bogotá como Capital Mundial del libro 2007. Acaba de recibir Residency Grant Award 2011 del National Hispanic Cultural Center en Nuevo México. Es autora de los libros de cuentos, ‘Avalancha’ (2011), ‘Historias para morderte los labios’ (Finalista PEN Club 2010), y ‘Ojos de Luna’ (Segundo Premio Nacional 2008, Instituto de Literatura Puertorriqueña; Libro del Año 2007 Periódico El Nuevo Día), además de los libros de poesía ‘Medialengua’ (2010) y Perseidas (2011). Ha publicado las novelas ‘Los documentados’ (Finalista Premio PEN Club 2006) y Caparazones (2010, publicada en Puerto Rico y España).

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